La sueur dégoulinait le long de la poitrine de Hal; il la sentit couler sur son front
comme une bruine huileuse. Les cymbales pesaient de leur métal froid contre
sa main et l'engourdissaient.
Vas-y, pensa-t-il, lugubre. Vas-y, je peux attendre toute la journée. Jusqu'à ce que
l'enfer tout entier soit gelé, s'il le faut.
Les cymbales s'écartèrent et s'immobilisèrent.
Hal entendit un faible clic! à l'intérieur du singe. Il releva la brosse et l'examina.
Quelques poils blancs avaient noirci, comme si on les avait flambés.
La mouche vrombissait et se cognait contre la vitre, à la recherche du froid soleil d'octobre qui semblait si proche.
Petey arriva en courant, la respiration rapide, les joues roses.
-J'en ai trouvé trois grosses, papa, je... Tout va bien, papa?
-ça va, répondit Hal. Apporte moi le sac.
Hal attira avec son pied la table basse qui se trouvait près du canapé, l'amena juste sous le rebord de la fenêtre et posa le sac dessus.Comme des lèvres il écarta ses bords et vit luire à l'intérieur les pierres que Petey avait ramassées. Du bout de la brosse il déséquilibra le singe. Celui-ci chancela un instant et tomba dans le sac. On entendi un faible ding! lorsque les cymbales heurtèrent l'une des pierres.
-P'pa? Papa? interrogea Petey l'air effrayé.
Hal se retourna vers lui. Il s'était passé quelque chose; quelque chose avait changé.
Mais quoi?
Alors, il suivit la direction du regard de Petey et compris. Le vrombissement de la mouche avait cessé.
Elle gisait morte sur le rebord de la fenêtre.
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